Enjeux sanitaires

Quels sont les enjeux sanitaires liés à l'écoute et la pratique de la musique amplifiée?

 

La musique est une source de détente, un plaisir, par les émotions qu'elle peut produire, elle n'est pas pour autant sans danger pour ceux qui l'écoutent ! La dose de bruit reçue, qui est la combinaison entre le niveau sonore en décibels et la durée d'écoute (ou d’exposition), peut avoir des effets néfastes sur le capital auditif (acouphènes, hyperacousie, surdité...), temporaires ou permanents, et à terme dégrader notre qualité de vie (difficultés à entendre, bourdonnements dans les oreilles...).

Les spectateurs choisissent d’assister à un concert, un festival pour profiter de la musique jouée par leurs artistes préférés le temps d’une soirée ou d’un week-end, les riverains qui l’entendent s’exposent eux involontairement à ces mêmes décibels ! La musique, ou dans ce cas plutôt le bruit, est alors vécue comme une intrusion qui dégrade la qualité de vie et peut dans la durée engendrer des effets sur la santé (stress, perturbations du sommeil…).

Comprendre l’audition pour mieux saisir sa vulnérabilité !

L’audition, c'est-à-dire notre capacité à entendre, est indispensable pour communiquer, se situer dans l’espace et nous alerter. Cette dernière fonction explique que notre système auditif fonctionne 24H/24. Ainsi, répondant constamment aux sollicitations permanentes de l’environnement sonore, sans possibilité de repos, il en est d’autant plus fragile.

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Source : CidB

Le son du point de vue physique est une onde produite par tout corps qui rentre en vibration, se propage dans un milieu élastique (gazeux, liquide, solide) et se transmet à notre tympan puis à l’oreille interne. Sa propagation dépend du milieu traversé et des conditions météorologiques (températures, pression…). Le son fluctue dans le temps et se caractérise par son intensité (niveau sonore, exprimée en décibels (dB) sa hauteur ou fréquence (grave ou aïgu mesurée en Hertz, Hz).

L’oreille reçoit, amplifie, traite et transmet jusqu’au cerveau les sons qui lui parviennent. Le cerveau analyse ces vibrations et leur donne du sens. De l’oreille externe à l’oreille interne, le traitement du signal sonore est de plus en plus sophistiqué.

Le cœur du système auditif est situé dans l’oreille interne constituée notamment d’une cavité (la cochlée) tapissée de cils appelés cellules ciliées. Ce sont elles qui permettent de transformer les vibrations en signaux électriques qui sont transportés par le nerf auditif jusqu’au cerveau qui les interprète.

Au nombre de 15 000 par oreille à la naissance — ce qui est très faible en comparaison des 135 millions de cellules visuelles —, les cellules ciliées sont particulièrement fragiles. De plus, les cellules ciliées ne se réparent et ne se renouvellent pas, il est donc important de préserver le capital auditif dont on dispose à la naissance. Une exposition prolongée à un niveau sonore élevé ou une exposition brève à un niveau sonore très élevé peut ainsi les abîmer ou les détruire définitivement. Tout endommagement ou destruction d’une partie des cellules ciliées va se traduire par un impact, momentané ou permanent, sur notre audition : surdité plus ou moins importante, acouphène…

Basses fréquences ou hautes fréquences

L’oreille humaine — lorsqu’elle est en parfait état ! — est capable d’entendre les fréquencesLa fréquence est le nombre de variations par seconde de la pression acoustique. Elle se mesure en HERTZ (Hz). Les fréquences se classent en trois catégories: les infrasons (en dessous de 20 Hz) ; les fréquences moyennes (de 20 à 20000Hz) et les ultrasons (>20000Hz).
Voir aussi : Lexique/ Basses fréquences
situées entre 20 et 20 000 Hertz, du grave à l’aigu. Dans la cochlée, chaque cellule ciliée de l’oreille interne code une fréquence : les fréquences graves se situent au sommet de la cochlée tandis que les fréquences aiguës sont positionnées à sa base. Cela explique que les premières cellules à être impactées par un son trop fort soient celles codant les fréquences aiguës. Comme les pertes auditives touchent en premier les cellules ciliées codant les fréquences aiguës que l'on utilise peu au quotidien, elles sont souvent difficiles à percevoir. On ne se rend compte de ces pertes auditives que tardivement, que quand elles atteignent les cellules ciliées codant les fréquences de la conversation (besoin de faire répéter son interlocuteur, d’augmenter le volume de la télévision…). Cette prise de conscience tardive est aussi accentuée par l'extraordinaire plasticité de notre cerveau qui permet de reconstituer les sons manquants.

La fonction auditive peut être plus altérée par les bruits riches en basses fréquences que par les bruits médium ou aigus. En effet, l’INRS a montré que les bruits d’exposition riches en basses fréquences engendrent non seulement des atteintes auditives localisées à des fréquences basses mais aussi dans les plages des fréquences conversationnelles (Rapport HCSP, 2013).

Les très Basses fréquencesLa fréquence, exprimée en Hertz (Hz, nombre d’oscillations par seconde), correspond au caractère plus ou moins grave ou aigu d’un son. Les basses fréquences sont très présentes dans les musiques dites actuelles. Elles sont perçues dans le voisinage comme des bruits sourds et répétitifs (souvent exprimés comme des « boum-boum »). On divise en général cette gamme de fréquences comme suit (à titre indicatif) :les très basses fréquences ou sub-basses de 30 Hz à 63 Hz ; les fréquences basses de 63 Hz à 250 Hz et les fréquences bas-médiums de 250 Hz à 500 Hz. La particularité des basses fréquences - qui correspondent à des grandes longueurs d’ondes - est qu’elles se propagent très facilement aussi bien à l’intérieur des bâtiments qu’à l’extérieur (elles se propagent à grande distance). Une autre particularité de ces ondes de basses fréquences est qu’à l’intérieur d’un grand volume, elles peuvent engendrer des modes d’énergie stationnaire qui rendent leur mesurage complexe (grand variation d’intensité selon le lieu). ont également la particularité de stimuler aussi le système de l’équilibre et le système vibro-tactile (les sons de basse fréquence font vibrer différentes parties du corps). Au-delà de ces caractéristiques physiologiques, les basses fréquences ont la faculté, chez un grand nombre de personnes, à donner envie de se mettre en mouvement et à danser, c’est pourquoi elles sont recherchées notamment par les musiciens et compositeurs !

Les atteintes auditives se traduisent de 4 façons…

  • la fatigue auditive : baisse temporaire de l’audition. On a alors l’impression de moins bien entendre, sensation d’oreilles cotonneuses..., ce sont déjà des signaux d’alarme indiquant que l’oreille est en souffrance !
  • les acouphènes : sifflements ou bourdonnements dans l’oreille en l’absence de bruits dans l’environnement. Ils sont très invalidants sur le plan psychique et professionnel dans la mesure où ils peuvent être temporaires mais très fréquents voire devenir permanents.
  • l’hyperacousie : extrême sensibilité de l’oreille à certains sons, même de niveaux modérés. Elle les perçoit plus forts qu’ils ne le sont vraiment. Certains sons de la vie quotidienne deviennent alors insupportables. Dans les cas les plus invalidants, l’intolérance aux bruits est telle que le seuil de douleur est proche du seuil de l’audition.
  • la surdité (ou hypoacousie) : perte de l’audition. Elle peut être progressive ou brusque. Elle est liée à la destruction de cellules ciliées et est donc irréversible. La surdité ne veut pas dire ne plus rien entendre, mais petit à petit, ne plus comprendre ce que l’on entend. Avec l’âge, nous perdons naturellement une partie de notre audition, c’est la presbyacousie. Mais l’exposition à des niveaux sonores élevés et/ou sur des durées importantes peuvent être à l’origine d’une surdité précoce. Les pertes auditives ne sont pas toujours immédiates, une ou plusieurs expositions répétés peuvent conduire à des pertes auditives à un âge plus avancé.

Dans les cas extrêmes, une exposition à un bruit de courte durée et d’intensité importante peut provoquer un Traumatisme Sonore Aigu (TSA) engendrant immédiatement des dommages au niveau des cellules ciliées. Les lésions sont alors permanentes provoquant une baisse de l’acuité auditive.

En cas de sensations d’oreilles cotonneuses, de sifflements ou bourdonnements, qui persistent plusieurs heures après l’exposition à des niveaux sonores élevés ou après une nuit de sommeil, un médecin, un ORL ou un service d’urgences hospitalières doit être consulté sans attendre, car un traitement rapide peut éviter ou réduire des effets irréversibles tels que des acouphènes ou une perte auditive

Nombreux sont les musiciens qui témoignent de leur souffrance après un traumatisme sonore et de leurs difficultés quotidiennes.

Attention !

Certains d’entre nous sont particulièrement vulnérables vis-à-vis du bruit :

  • les femmes enceintes car l’exposition à des niveaux sonores élevésVoir aussi : CADRE REGLEMENTAIRE / Quels sont les lieux concernés ? Qu’entend-on par « diffusion de sons amplifiés à des niveaux sonores élevés » ? peut provoquer des séquelles auditives irréparables chez le fœtus dans les trois derniers mois de grossesse. Aucun dispositif ne peut protéger le fœtus en dehors de l’évitement des forts niveaux sonores ;
  • les nourrissons et jeunes enfants dont l’impact du bruit sur l’audition pourrait avoir plus de conséquences que pour un adulte et qui ne sont pas toujours capables de reconnaître une situation dangereuse pour s’en protéger ;
  • les personnes présentant des antécédents d’étiologie infectieuse de la sphère ORL (otite, etc.), des antécédents de traumatisme crânien et de certains troubles métaboliques ou de la tension artérielle.

Comment s’apercevoir que l’on a une perte auditive ?

  • difficulté à comprendre la parole chuchotée, à percevoir les sons aigus : perte entre 20 et 40 dBL’oreille humaine traite l’information qu’elle reçoit de telle manière que « plus le bruit augmente, physiquement, autrement dit plus le tympan vibre fort, plus la perception physiologique que l’on a, la sensation auditive, augmente lentement ». L’oreille transforme ainsi des multiplications du bruit en petites additions de la perception auditives (les matheux auront reconnu la fonction logarithmique). C’est pour cette raison que les acousticiens expriment l’intensité de la sensation auditive sous forme d’une échelle de niveau sonore exprimée en décibel (dB). Cette échelle en dB est évidemment liée au phénomène physique qu’est le bruit mais elle traduit la sensation auditive que l’on a de ce phénomène dans notre oreille. Les appareils de mesure du bruit, les sonomètres, sont conçus pour reproduire ce fonctionnement de l’appareil auditif humain et évaluer les niveaux sonores de cette manière, exprimés en décibel.
    ;
  • maladie professionnelle : perte de 35 dB (Tableau 42 des maladies professionnelles) ;
  • la parole est perçue avec une voix forte, difficulté à tenir une conversation de groupe, à écouter la télévision : perte entre 40 et 70 dB ;
  • handicap important, la parole est entendue à l’oreille, seuls les bruits forts sont encore perçus : perte entre 70 à 90 dB ;
  • la parole n’est plus perçue, seuls les bruits très puissants sont perçus : à partir de 90 dB ;
  • à 120 dB, la surdité est totale.

 

Courbe de la fréquence d'audition en fonction de la perte de l'audition

D'après le Bureau International d’Audio Phonologie

L’appareil auditif n’est pas le seul à être atteint !

Au-delà des effets sur l’audition, le bruit peut affecter l’ensemble de l’organisme. Ces troubles peuvent prendre des formes très diverses : accélération du rythme cardiaque, augmentation de la tension artérielle, réduction du champ visuel, troubles gastro-intestinaux, perturbations du sommeil, aggravation des états anxio-dépressifs …

Les niveaux sonores élevés peuvent affecter ponctuellement le sommeil des riverains ou être à l’origine d'une gêne voire d’un stress chronique si ces événements sont récurrents.

 

L’évolution des technologies et des pratiques d’écoute : un danger supplémentaire pour l’audition !

Ces dernières années les esthétiques musicales ont évolué. Elles comportent notamment des niveaux sonores élevés dans les basses et très basses fréquences, une compression importante et une faible dynamique. Les pratiques sont également modifiées, avec par exemple le développement des festivals de plein air fréquentés par des publics familiaux.

Au-delà de la fréquentation des lieux diffusant de la musique amplifiée, l’écoute au casque ou avec des écouteurs s’est considérablement accrue : jeux vidéo, visionnage de séries, usage nocturne pour s’endormir… Elle représente une part importante de l’exposition à des niveaux sonores élevés. Il faut tenir compte de cet effet cumulatif.

 

Nos capacités auditives n’ont pas augmenté pour autant ! Il est capital de prendre conscience très tôt de ces risques pour éviter une usure prématurée du système auditif. C’est la condition essentielle pour conserver le plus longtemps possible ce qui nous relie aux autres !

 

La musique est avant tout un plaisir, mais comme tous les autres sons en excès elle peut devenir un danger pour notre santé.

Peu importe l’âge et le type de musique, nous sommes tous concernés. 

Pour préserver le plaisir, adoptons ces recommandations simples. 

Pas trop fort, pas trop longtemps, pas trop souvent et pas trop près !

moins de decibels

Recommandations du Ministère des Solidarités et de la santé :   https://solidarites-sante.gouv.fr/sante-et-environnement/activites-humaines/article/prevention-des-risques-lies-au-bruit

 

Une évolution réglementaire programmée pour répondre aux enjeux sanitaires

2012

Le ministère chargé de la Santé saisit le Haut Conseil de Santé Publique (HCSP) afin qu’il propose des indicateurs de niveau de bruit en vue d’actualiser la réglementation et de garantir la protection des personnes exposées à de la musique amplifiée dans les lieux de loisirs (discothèques, salles de spectacle, etc.).

Des risques mesurés en fonction de la dose de bruit

Les seuils de dangerosité pour l’oreille dépendent du niveau sonore mesuré en dBAA énergie sonore égale, l’oreille humaine perçoit moins bien les sons graves (basses fréquences) que les aigus. Pour tenir compte de cette caractéristique de l’audition, les acousticiens adaptent le décibel tel qu’il est mesuré par un sonomètre en atténuant les basses fréquences selon une courbe de pondération dite « pondération A », comme le fait l’oreille pour les bruits courants. Le niveau de bruit est alors exprimé en dBA. Cette unité du dBA, qui représente tant bien que mal le niveau sonore global du bruit tel qu’on l’entend, est utilisée presque systématiquement dans la pratique, notamment dans les réglementations sur le bruit. L’acoustique est une des rares sciences physiques qui a adapté ses unités et ses indicateurs à l’humain, au prix d’une certaine complexité pédagogique, tout simplement parce que l’ouïe est un sens, et que c’est cela qui nous intéresse !
Voir aussi : Lexique / Décibel (A) (courbe d'explication)
(lequel pondère les fréquencesLa fréquence est le nombre de variations par seconde de la pression acoustique. Elle se mesure en HERTZ (Hz). Les fréquences se classent en trois catégories: les infrasons (en dessous de 20 Hz) ; les fréquences moyennes (de 20 à 20000Hz) et les ultrasons (>20000Hz).
Voir aussi : Lexique/ Basses fréquences
selon la sensibilité de l’oreille) et de la durée d’exposition. Ainsi, les risques auditifs sont limités si une exposition à 85 dBA dure moins de 8 heures par jour, ou 4 heures à 88 dBA, ou 2 heures à 91 dBA, ou 15 minutes à 100 dBA, etc. Le HCSP se base sur le seuil de danger (85 dBA) pour établir la dose de bruitLes niveaux de bruit auquel nous sommes soumis au cours de la journée sont variables. Pour connaitre la dose de bruit subie, il faut prendre en compte les temps d'exposition aux différents niveaux de bruit. Plus les niveaux sonores sont importants plus la durée d’exposition doit se réduire pour limiter les risques auditifs. Ainsi, une exposition à 80 dBA durant 8 heures, est équivalente à une exposition de 4 heures à 83 dBA, ou 2 heures à 86 dBA, ou 5 minutes à 100 dBA, etc.
Voir aussi : Lexique Dose de bruit (exemples de durées d'exposition quotidiennes équivalentes)
alors que la réglementation au travail (décret n°2006 du 19 juillet 2006) détermine celle-ci sur le seuil d’alerte (80 dBA).

Aucune étude n’a révélé de pertes auditives après une exposition à 75 dBA. Ce niveau ne semble donc pas traumatisant pour l’oreille, mais la durée d’exposition peut entrainer une fatigue importante et une perte de concentration dans le cas d'un travail délicat. Par ailleurs, du point de vue de la recherche et de la morale, certaines expérimentations sont difficiles et non déontologiques. Les chercheurs ne peuvent pas soumettre des sujets à des niveaux élevés pendant des durées illimitées au risque de voir apparaître chez ces individus des lésions irréversibles ! Le principe de précaution doit donc s’appliquer et ce, même à un niveau sonore de 75 dBA.

2013

Le HCSP préconise :

Pour les enfants lors des spectacles le respect strict de ces doses maximales d’exposition.

Pour les adultes, dans les lieux de loisir (Source: Rapport HCSP, 2013) :

  • l’affichageL’afficheur permet d’avoir connaissance, en temps réel, des valeurs maximales de niveaux sonores sur 15 minutes glissantes, exprimées en dBA et en dBC, auxquelles le public est exposé. L’appareil dit « afficheur » est généralement positionné près de la console pour permettre aux professionnels du son d’avoir rapidement accès aux niveaux sonores auxquels le public est exposé et ainsi d’ajuster les niveaux sonores émis de manière à respecter les seuils fixés par les textes ou aux valeurs fixées par l’EINS, ce qui le rend difficilement accessible au public. Toutefois, le public doit voir l’information sans avoir à la demander expressément ; c’est pourquoi l’affichage des niveaux sonores clair, significatif (par exemple avec un code couleur vert/orange/rouge), visible par tous, est fortement conseillé en continu des niveaux sonores mesurés en dBA sur 15 minutes, associé à l’affichage d’une information sur les niveaux sonores et durées d’écoute sans risque, afin que chacun puisse connaître son niveau d’exposition et de risque potentiel
  • des niveaux sonores moyens de 100 dBA mesurés sur 15 minutes et des niveaux crêtesLe Lpc (ou niveau de crête) représente le niveau de la valeur maximale de la pression acoustique instantanée ; il est souvent exprimé en dBC, puisque le niveau de crête est en général élevé (voir définition dBC ). Le Lpc est notamment utile pour caractériser les bruits impulsionnels. de 120 dBC à ne pas dépasser 
  • la fourniture gratuite de protections auditives et l’offre d’une zone de récupération auditive avec un niveau sonore inférieur à 85 dBA et dont la surface soit d'au moins dix pour cent des surfaces du lieu de la manifestation ;
  • un avertissement pour les femmes enceintes sur les risques de transmission des basses et moyennes fréquences à l’enfant à naître, plus particulièrement fragile au cours des trois derniers mois de grossesse.

2014

 

Les résultats du baromètre santé (2014) sur les pratiques d’écoute de la musique montrent que 13% des 15-35 ans ont un usage fréquent et intensif d’écoute avec un casque ou des écouteurs. Par ailleurs, 21% des personnes interrogées fréquentent régulièrement les concerts, discothèques ou autres lieux de loisirs avec des volumes sonores élevés. "Si la fréquentation des lieux de loisirs à volume sonore élevé est en diminution depuis 2007, la part des 18-35 ans ayant un usage fréquent et intensif d’écoute de musique amplifiée avec un casque ou des écouteurs a, quant à elle, été multipliée par trois, passant de 4% à 13%. »

La préservation du capital auditif des adolescents et des jeunes adultes devient une préoccupation de santé publique. 

Le Conseil National du Bruit (CNB) a émis un avis favorable (avis du 10 décembre 2014 sur les recommandations du Haut Conseil de la Santé Publique en matière d'exposition aux niveaux sonores élevés de la musique) sur les préconisations du HCSP. Cet avis propose de retenir trois indicateurs dont deux qui ont été retenus par le futur décret n° 2017-1244 du 7 août 2017 relatif à la prévention des risques liés aux bruits et aux sons amplifiés. Sur ces deux indicateurs, il également proposé des limites à titre indicatif, comme l'indique le tableau ci-dessous :

 

Indicateurs proposés Limites proposées pour l'indicateur
Le niveau moyen en dBA, conformément aux recommandations du HCSP, associé à une durée de mesurage de 15 minutes Un niveau moyen en dbA compris entre 100 et 103 dBA mesuré sur 15 minutes
Le niveau moyen en dBC, de façon à mieux prendre en compte les contributions des basses fréquences, associé à une durée de mesurage de 15 minutes Un niveau moyen en dbC compris entre 115 et 118 dBC mesuré sur 15 minutes


2015 

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) souligne l’urgence de limiter l’impact de la musique amplifiée. En effet, l’OMS observe qu’à travers le monde, 1,1 milliard de jeunes risquent une déficience auditive due à des habitudes d’écoute dangereuses. Pour les adolescents et jeunes adultes de 12 à 35 ans des pays à revenu moyen ou intermédiaire, l’écoute de musique amplifiée est la principale situation d’exposition à des niveaux sonores élevés. Près de 40 % d’entre eux sont notamment exposés à des niveaux sonores potentiellement traumatisants dans les discothèques et les bars.

2016

La loi de modernisation de notre système de santé, donne un cadre plus large à la prévention des risques en matière d’audition. De ce fait, l’article 56, codifié à l'article L1336-1 du Code de la santé publique précise :

« les activités impliquant la diffusion de sons à un niveau sonore élevé, dans tout lieu public ou recevant du public, clos ou ouvert, sont exercées de façon à protéger l’audition du public et la santé des riverains. Les modalités d’application du présent article font l’objet d’un décret en Conseil d’État. »

2017

En application de l'article L1336-1 du Code de la santé publique, le décret n° 2017-1244 du 7 août 2017 relatif à la prévention des risques liés aux bruits et aux sons amplifiés intègre les recommandations du HCSP en :

 

2018

Au vu des enjeux de cette réglementation et des attentes de ses membres, le Conseil National du Bruit (CNB) s’est auto-saisi afin de formuler des recommandations sur la mise en œuvre du dispositif. Cet avis a été adopté le 14 juin 2018.

2019

Selon l’OMS, la réglementation française sur les sons amplifiées ainsi que les réglementations suisse et belge posent les bases d’un cadre réglementaire pour le contrôle de l’exposition sonore dans les lieux de loisirs.

Voir la synthèse proposée par l’OMS. 

 

2020

Compte tenu des nombreux questionnements soulevés par cette évolution réglementaire significative, le CidB a proposé de coordonner la rédaction d’un guide d’accompagnement à destination de l’ensemble des acteurs concernés.